samedi 20 mars 2010

Si je te dis amour, à quoi penses-tu?

SEXE!!! Ça c’est d’abord une réponse de mecs. L’association me paraît pourtant imparfaite, puisqu’ils sont les premiers à se pousser lorsque leur « amie moderne » s’est attachée. C’est aussi une réponse de filles, mais exclusive aux personnes du même sexe. C’est vrai. De manière générale, les filles prétendent qu’avouer le lien inévitable entre l’amour et le cul à leur chum pourrait entrainer ces derniers à en abuser. À mon avis, c’est du blabla, puisqu’il n’y a pas de meilleur sexe qu’en amour. Ce qui nous entraine ailleurs…

RELATION AMOUREUSE… Une histoire d’amour est d’abord une histoire. Il faut savoir la raconter. Le prélude, s’il existe, est souvent une rencontre anodine sans aucune couleur. L’autre était alors « no vacancy », il a dragué ta meilleure amie, il avait un bouton sur le nez que tu ne pouvais cesser de fixer ou pire, un débat politique vous a plaqué devant une incompatibilité en apparence inébranlable. Puis, pour une raison qu’on ne peut souvent nommer, les flammèches sont nées et ont mis la lumière dans tes yeux. La lueur transfère à ta tête en son absence et dans tes tripes en sa présence. Vous êtes devenus brulants de passion. Par la suite, la routine éteint tranquillement le feu pour en garder que la braise. Une chaleur réconfortante et douce qu’on peut entretenir pendant longtemps si on y fait attention. Sans quoi, le feu s’éteint. C’est alors que l’histoire prend fin. Ce qui me fait penser...

AMITIÉ… L’amitié aussi peut avoir une fin. Les souvenirs tristes, rancuniers ou nostalgiques proviennent des amitiés solides qui se sont fracassées, telles des verres qui ont apaisé notre soif, mais qui encore pleins, frappent le sol. Il y a aussi des amis de passage. Des gens qu’on rencontre qui deviennent rapidement significatifs sans trop savoir pourquoi. On partage un bref moment intense, sachant que les « au revoir » sont à notre poursuite. On en profite. Rien ne nous assure que nos chemins se croiseront à nouveau, mais leur souvenir nous apporte le sourire. Il y a par ailleurs les souvenirs vivants. Des amitiés qui ne se termineront jamais. Ceux-là se font rares. Des gens avec qui on partage une foi réciproque et instinctive, avec qui on n’a pas besoin de mot pour communiquer. Personnellement, j’en ai 3. L’un d’entre eux est décédé lorsque j’avais 15 ans et persiste à me faire la morale. Le second m’a hébergée la semaine dernière lorsque j’étais perdue. Le dernier vient de franchir ma porte, après avoir passé la veillée à jouer nos vieux airs à la guitare. Un amour qui perdure. Tout comme…

FAMILLE… Un lien indestructible : le sang. Les gens de notre famille émanent des mêmes racines, mais chaque feuille atteint différemment la lumière du soleil. Certaines sont hautes et vertes, alors que d’autres sont basses et sombres. Les branches qui nous unissent peuvent être frêles, vieilles, fortes, voire brûlées. Peu importe, elles demeurent influentes. Parfois, le vent fait tourner les choses. Si l’une d’entre elles cède, c’est l’arbre entier qui change de couleur. Les feuilles qui restent s’étirent autrement vers la lumière. Celles qui sont tombées ne redeviendront jamais la feuille d’autrefois. Elles persistent un temps et redonnent vie…

VIE… Si je pense à ma vie d’aujourd’hui, je pense à swing, rencontres, psychologie, enfants, adolescents, amies, famille, peinture, course à pied, yoga, cinéma, cuisine, naissance, voyage, écriture, vin, sushis, jasettes, lectures, musique, café. Toutes des activités qui me décrivent en partie, qui font ce que je reflète et que j’aime ce que je suis…

Ce soir, un samedi soir, je suis seule dans mon salon et je suis vivante. Je suis vivante, parce que je me respecte et fais ce que j’ai envie de faire. Puisque j’écoute « Across the universe » en pensant à mon grand-père, amateur des Beatles, et à mon père qui en a hérité. Je pense aussi à ma grande sœur avec qui j’avais l’habitude de danser sur « Twist and shout » et à ma plus petite avec qui j’ai écouté ce film pour la première fois. Je suis vivante parce que j’ai reconnecté avec mon meilleur ami, le temps d’un souper. Je suis aussi ravie à l’idée d’accueillir un ami de passage, rencontré en voyage, dans ma demeure demain. Une amitié que je ne pensais pouvoir renouveler. Je suis vivante, parce que je débute une nouvelle histoire…

Je suis vivante, parce que j’aime.

mercredi 10 mars 2010

Le printemps

Je me suis réveillée au chant des oiseaux ce matin… Puis, je me suis levée du pied gauche. Qui a dit que c’était plaisant le printemps? Dites-le-moi, parce que je vous jure que je leur aurais cloué le bec à ces foutus pinsons! Et le soleil qui se lève plus tôt, rien pour m’aider à dormir. Une journée bien commencée comme on dit.

Je suis sortie de mon lit pour réaliser que Bâ, mon chat qui louche, était sagement couché en boule sur mon pyjama. Comme le poil de chat et le satin font apparemment bon mélange, j’allais probablement avoir l’air d’un ours polaire si j’enfilais mon kimono. Il est resté sur le sol et j’ai choisi mon jeans.

CRAC! « Criss! » Certains diront que mon jeans était prédéchiré, mais l’objectif était d’avoir l’air relaxe, pas d’une junkie finie. Mon gros orteil venait de gâcher mon look, mais étant donné que ce jean était le seul que j’avais dans mes bagages, je n’avais pas le choix. J’allais devoir endurer le commentaire paternel pendant le déjeuner. En plus, j’ai eu toute la misère du monde à attacher le fameux pantalon. Je me sentais comme une ado de 14 ans qui essaie de se faire croire qu’elle porte du zéro, alors qu’elle est de taille 5 ou 7. Seulement moi, c’était la période du mois qui me donnait l’air enceinte. J’ai tout de même réussi et caché mon inconfort par un chandail long.

Je suis descendue. «T’as pas des prêts et bourses toi?» Ça, c’était son commentaire pour me dire que j’avais l’air d’une paumée dans mon jean. J’ai ouvert le garde mangé, me suis servi un bol de granola, tranché la demi-banane qui restait. Il ne me manquait plus que le yogourt. J’ai ouvert le frigo. Pas de yogourt, ni de lait à l’horizon. J’ai mangé mes céréales sèches.

Ensuite, je me suis mise à l’ouvrage. J’ai essayé de me télécharger N-Vivo : un logiciel statistique pour l’analyse de verbatim nécessaire pour un travail de méthodologie qualitative. Hummmmm, la métho! Quelle matière passionnante! J’ai tenté le download une fois : ratée. 2e fois : échec à nouveau. Pourquoi tout le monde me vantait les mille et un mérites des MAC s’il n’existe aucun logiciel compatible? Cette boîte blanche m’a couté près de 1500$ au mois de septembre. Il n’y a pas moyen qu’elle fonctionne dans le sens du monde? Le proverbe «Jamais deux sans trois.» ne m’aura certainement pas à matin. Aussi bien se remonter le moral.

J’ai décidé d’aller m’acheter un nouveau jean pour remplacer celui que je venais de scraper. Je me rends chez Simons, le meilleur ami d’une fille en peine. J’essaie tous les jeans sur place. Les délavés, les nets, les pastels, les déchirés, les skinnys…J’ai même essayé des jeans avec des studs, moi qui suis tout sauf gothique. Mais aucun ne pouvait habiller la paire de courtes jambes que mes parents ont décidés de me léguer à ma naissance. J’ai vo

ulu me consoler avec une robe. Pas de besoin de jeans, vivent les leggings! Lorsqu’est venu le temps de payer : «Votre carte Visa ne fonctionne pas. Vous voulez payer d’une autre façon?» C’est à ce moment-là que les larmes me sont montées aux yeux. (Ok, on se rappelle que j’étais dans une semaine émotive. Les filles pourront me comprendre.)

J’ai senti une petite main tirer sur mon manteau. Je me suis retournée. J’ai baissé la tête et j’ai vu une fillette, apparemment trisomique. Elle m’a souri. Sa mère m’a regardé l’air gêné et prêt à retirer la main de sa fille de ma canadienne. Je lui ai fait savoir que ce n’était pas nécessaire et j’ai regardé la fillette à nouveau. Elle m’a demandé de m’approche

r en pliant à quelques reprises son petit index vers elle. Je me suis accroupie pour être à son niveau et elle m’a donné un bisou sur la joue en essuyant la larme qui s’écoulait toujours sur ma joue. Nul jean n’aurait pu m’accorder autant de réconfort…

Quand je suis sortie, les oiseaux chantaient. C’est plaisant le printemps, ne pensez-vous pas?

mardi 9 mars 2010

Une frigidité malléable

Il n’y a pas 100 millions de façon de rencontrer des gens. Il y en a environ la moitié moins pour rencontrer des hommes. On coupe encore les possibilités lorsqu’il est question d’un beau et bon gars et à nouveau lorsqu’on désire construire une relation stable. Si on élimine les machos, les narcissiques, les dépendants affectifs, les mous et ceux qui résident à plus de 100 km à la ronde, les probabilités sont quasiment réduites à néant. Encore faut-il tomber sur ceux qui restent. Malheureusement, avoir toute notre tête, tous nos membres, être relativement bien proportionnée et apte à enligner 2 mots pour en tirer un sens n’améliorent en rien les chances de trouver celui qui fera vibrer son cœur.

J’ai tout de même décidé d’augmenter les miennes. Malgré mes aversions profondes pour l’informatique et mes préjugés sur les réseaux de rencontres, j’ai succombé. J’ai tenté Réseau Contact. J’avais rien à perdre. Au pire, j’allais pouvoir narguer les loosers d’Occupation Double. Le principe est simple : tu te fais un profil, ajoute une photo, reçois des messages, réponds et rencontres. Après, tu flushes ou tu gardes. C’est comme faire du recrutement pour une job, sauf que tu passes autant en entrevue que celui que tu interroges. J’ai commencé par me faire un faux profile pour analyser la marchandise. Si jamais mes préjugés s’avéraient vrais et que les hommes s’affichant sur le site n’étaient que des geeks à lunettes amateurs de War Craft, je n’aurai pas à assumer la honte d’avoir ma face affichée sur le web. C’est sous le nom que Nathalie, une jeune femme en bikini de 25 ans, 6 pieds et 36 C selon la photo choisie sur le net, qu’à ma grande surprise, j’ai du admettre que le menu pouvait être intéressant…

J’ai donc poursuivi par un réel profil. Demeurée timide, j’ai préféré rester brève et prude, mais honnête. Une liste de défauts et d’intérêts : parfait, comme ça le gars pourra savoir à quoi s’attendre. J’ai accompagné le tout d’une simple photo affichant mon nez, ma langue et une grosse paire de lunettes fumées. Au moins, ça a le mérite d’être réellement moi. C’est là que j’ai compris que j’avais un beau nez, parce que j’ai été bombardée de messages me disant : «Tu es mignonne», «Tu as des beaux yeux.» (Je rappelle que je portais des lunettes fumées) et «Wow! Photogénique!». J’ai aussi réalisé que mes défauts pouvaient être charmants parce qu’on m’a écrit : « On partage des intérêts communs.», « Tu as une belle personnalité.», et «crime, t’as l’air d’une fille trippante!». J’ai rapidement deleté ceux qui contenaient : « Je veux une aventure avec toi.» ou « Je suis un homme de 46 ans, d’expérience et bien membré.» J’ai regardé le profile des autres, répondu à ceux qui étaient cutes et qui semblaient aimer le plein air, la cuisine et le sport.

Après le partage de quelques messages préfabriqués (étant donné qu’il n’était pas question que je débourse pour envoyer un vrai message), on chatte. Pis comme je ne suis pas réellement friande de l’informatique, on chatte pas longtemps, pis on rencontre. C’est à ce moment que j’ai compris que plein air pouvait aussi signifier prendre une marche pour se rendre au métro, et qu’aimer la cuisine, c’est surtout déguster les plats cuisinés par sa mère, sa blonde ou le snack d'à côté. J’ai aussi compris qu’être à la maitrise n’implique pas nécessairement de bénéficier de vocabulaire ou d’aptitudes sociales impliquant de lire le langage non-verbal d’une fille qui s’emmerde solide. J'ai réalisé qu’un homme de 36 ans peut sembler en avoir 14 lorsqu’il est temps de jaser avec une fille qui a d’autres intérêts que le Fille d’aujourd’hui ou la pose d’ongles. Et j'ai observé que la frontière entre la passion et l’obsession est parfois mince lorsqu’on parle de loisir.

Ensuite, je suis devenue plus sélective et mes rencontres sont devenues intéressantes. Nous sommes allés prendre une bière et après 20 minutes, j’ai réalisé qu’on y était toujours et que j’avais envie de rester. La conversation s’est fait naturellement. Quelques rires pouvaient même se faire entendre. Peut-être n’était-il pas celui que j’attendais, mais du moins, le moment était agréable. On s’est promis de se rappeler, pour une seconde soirée de simplicité sans flammèche.

Puis, je me suis lassée. Pourtant, j’étais loin de m’emmerder. C’est tout de même divertissant de rencontrer des inconnus et de se donner le droit de manquer de tact, d’être vulgaire ou malpolie si jamais ils s’avèrent à être des bozos d’excellence. Vice versa, ce peut être agréable de converser avec une personne qui en connaît plus que soi sur un sujet captivant. Malgré tout, je m’étais inscrite pour rencontrer l’amour. Des amis j’en avais déjà en masse et ils avaient fait leurs preuves. J’avais perdu espoir de le trouver lorsque j’ai décidé de me désinscrire du réseau. Je suis tout de même allée voir mes messages une dernière fois, juste pour voir. J'ai regardé un peu plus longtemps que prévu. «Pourquoi pas un dernier?» Son message était touchant, comique, le gars était cute. J’ai oublié pourquoi je m’étais connecté à internet, je lui ai répondu. Moi qui me disait célibataire rigide et endurcie, indépendante et fière de l’être. Mon corps souriait à l'idée que c’était peut-être lui. Un sourire incontrôlable à la lecture de son nom sur mon cellulaire. Mes yeux se rivaient sur sa bouche lorsqu’il parlait. Mes toiles étaient devenues au combien plus inspirées...

Les circonstances ont fait qu’on n’a pas pu se revoir pour un moment. Dommage, sincèrement. J’ai douté, espéré pendant un instant. Je dois mettre mes énergies ailleurs que la vie m’a dit. Ça me désole : ce n’est pas parce qu’on veut et qu’on cherche que c’est possible. Mais je me console : la frigidité, par sa solidité, demeure cassable et moi j’avais réussi à la briser.