vendredi 13 novembre 2009

L'histoire d'une rose


Aujourd’hui, je me sens comme une plante. Les plantes sont symboles de vie. Elles respirent et grandissent. De tous les végétaux, les fleurs sont les plus belles selon plusieurs. On en retrouve de toutes les couleurs, de toutes les grandeurs et toutes les formes. Chacune dégage une odeur particulière. Parmi toutes celles qui lui ressemblent, la fleur est unique de par sa terre, son orientation et la lumière qu’elle reçoit. Pourtant, une fleur reste une fleur et il me semble que seul son nom la rend jolie.

Aujourd’hui, je me sens comme une fleur. Mon histoire débute avec celle d’un bourgeon. Un bourgeon qui ressemblait à tous les autres, sans rien de particulier. Une coquille rigide qui ne demandait qu’à éclore. Un jour, j’ai vu la lumière et, tranquillement, j’ai grandi. J’ai rencontré des brises d’été douces et légères qui m’ont fait danser. J’ai aussi connu des vents plus puissants qui m’ont apprise à me tenir droite. Je suis devenue plus forte, confiante et fière. Je n’étais alors qu’une tige et sans pétale, une fleur n’est pas une fleur. Elle n’est qu’une tige comme toutes les autres plantes, simplement

verte. Pourtant, la mienne était différente. J’ai toujours pensé que c’était les violentes tempêtes qui m’avaient rendues ces épines qui longent mon corps. Des tempêtes si puissantes que parfois, je pensais m’écraser au sol. Je me suis toujours relevée et j’ai grandi. J’ai grandi avec ces épines qui, plutôt que de rappeler un passé mouvementé, me prévoyaient un avenir particulier, celui d’une rose.

Aujourd’hui, je me sens comme une rose. La rose est symbole d’amour. De toutes les fleurs, la plus belle selon plusieurs. Sa couleur rouge flamboyante rappelle la passion, alors que les courbes discrètes de ses pétales soulignent la tendresse. Mais sans personne pour la reconnaître, une rose n’est pas une rose. Elle n’est qu’une fleur comme toutes les autres, avec des racines, une tige verte et des pétales. Un jour une personne m’a vue et, par curiosité ou attirance, m’a cueillie, déracinée, et m’a mise dans un joli vase. À

l’abri des tempêtes, je n’avais alors plus à attendre les pluies pour me nourrir, ni le soleil pour m’ouvrir. C’est par ses yeux fixés sur moi, que j’ai découvert que j’étais une rose. Un regard attentif et contemplatif. C’est sous cet œil que je me suis épanouie. J’ai continué de grandir. Ma tige est devenue plus robuste, mes pétales encore plus rouges. Pour cette personne, je n’étais pas qu’une simple rose, j’étais sa rose. Pour elle, j’aspirais à devenir la plus belle des roses.

Aujourd’hui, je me sens comme une fleur. Un jour, son regard s’est égaré. J’ai continué de grandir, de rougir pour maintenir cette personne près. J’ai parfumé mes arômes davantage pour l’attirer, mais en vain. Je suis peut-être une rose, mais sans son regard, je ne suis plus qu’une simple fleur.

Aujourd’hui, je me sens comme une plante. Un jour, mon

vase s’est retrouvé vide. J’ai perdu mon eau pour un déménagement, un nouvel emploi, une autre rose ou même une autre fleur qui sait? Je suis peut-être une fleur, mais comme toutes les autres, j’ai besoin d’eau. J’ai donc commencé à m’assécher. Mes pétales écarlates ont chuté et je suis redevenue verte, puis brune. Après quoi, je me suis allongée sur le sol, pour la première fois.

Aujourd’hui, je suis heureuse d’être une plante. Les plantes sont symboles de vie. Elles ne meurent jamais, elles se régénèrent et grandissent à nouveau. Les miracles de la nature leur donne une nouvelle chance. Je suis un bourgeon, mais je ne veux plus être une rose. Une rose est éphémère et n’est jolie et romantique que sous les yeux de celui qui la regarde. Non, quand je serai grande, je serai une marguerite. Ainsi, je n

e serai touchée que de la main d’un amoureux qui, en me dénudant un à un de mes apparats, me susurrera doucement : «Je t’aime : un peu, beaucoup, à la folie».

jeudi 5 novembre 2009

Ceci est une histoire vraie...


Je suis dans mon lit et je dors paisiblement. Je fais un rêve doux, l'un de ceux dont on ne voudrait s'éveiller. Je suis sur une rivière, en kayak. L'eau est calme. On n'entend que le bruit des oiseaux qui gazouillent. Quand soudain, un bruit étrange vient briser mon état de sérénité : une porte qui claque!?!

J'ouvre les yeux. «Merde, yé quelle heure? Maudit réveille matin qui travaille à temps partiel!» C'était ma coloc venait de quitter l'appart. J'étais définitivement en retard pour l'école.

Je cours dans tous les sens, m'habille en vitesse. Au diable le code vestimentaire, je prends le premier t-shirt qui se trouve à ma portée. Je n’ai pas le temps pour le café, j'attrape une tartine au beurre de peanuts et une banane à l'envolée. J'ai toujours détesté les matins pressés, mais lui était décidément le pire. Pour m'énerver encore plus, je réalise que j'ai sinus aussi bouchés que le pont Jacques-Cartier en matinée. Ça y est, en plus j'allais me faire accuser d'avoir la H1N1.

À la sortie de l'appart, j'essaie de faire mon chemin dans les escaliers en colimaçon qui me servent d'entrée. Pas facile avec un sac d'école sur l'épaule droite, un cartable et un sac à lunch dans la main gauche, un trousseau de clé dans la droite et une boîte de kleenex sous l'aisselle. Mon défi : me rendre jusqu'au métro sans rien échapper.

Sur Ontario, je rencontre un mendiant. Pauvre homme. Il a les cheveux longs, 2 cotons ouatés un par dessus l'autre et des bottes de pluie pour le tenir au chaud en cette matinée à -5 degrés sous le zéro. Il me demande un trente sous. Je lui réponds simplement «désolée» en lui montrant tous mes sacs d'un air navré. Sérieusement, j'aurais bien voulu lui donner ses trente sous, ce n’est pas la mer à boire, mais je n’avais honnêtement aucune idée ou se cachait mon porte-monnaie dans tout ce fouillis. Son rire discret me souligne qu'il a compris. En me souhaitant une bonne journée, il m'indique poliment que la lumière est verte et que je peux maintenant traverser la rue.


Défi échoué. J'ai échappé ma boîte de kleenex en plein milieu de la rue. Dans un instinct de survie, je reviens sur mes pas. Je me retrouve alors penchée en plein milieu d'Ontario, en train de faire des pirouettes plutôt louches pour éviter de perdre prise sur mes sacs. La lumière tourne au rouge et un policier (je le rappelle, un symbole de respect et de sécurité publique) me klaxonne. « C’ pas l’ temps ni l'endroit pour faire de la gym, dépêche!» Un peu insultée, en fait SALEMENT insultée, je prends tranquillement mes mouchoirs sur le sol et retourne au trottoir d'un pas ralenti, lui offrant le plus beau de mes sourires. Lorsqu'il tourne le coin, je reprends ma course jusqu'à l'université.




Il est maintenant 16h30. Je visualise mon lit, espérant fortement que lorsque je vais reposer ma tête sur l'oreiller, je pourrai retrouver cette rivière paisible à bord de mon kayak. À la sortie, je rencontre une dame non-voyante. Elle est guidée par son chien. Pauvre dame. Elle porte probablement autant de sacs que moi en matinée, mais étrangement, avec beaucoup plus d'agilité. Je me demande comment elle fait pour trimbaler tous ces trucs les yeux fermés, quelle adresse! Impressionnée, je lui ouvre la porte en lui dictant de haute voix mon geste. L'air surpris, elle me remercie et s'avance dans l'embrasure. C'est alors qu'un homme vêtu d'un veston noir et d’une cravate profite de ma bonne action pour se ruer en vitesse dans le building. Vous savez, ce genre de mec début trentaine, qui se trouve beau, toujours bien

coiffé, qui sort directement du HEC avec un salaire démesurée pis qui se gâte des 5 à 7 dans les bars les plus chers de Montréal pour pouvoir s'en vanter. Bref, le genre de type qui me tape royalement sur les nerfs. Enfin, à sens inverse, il bouscule la dame non-voyante qui étale finalement ses sacs sur le sol. Hors de mes gonds, je lève la tête vers l'homme en noir et lui crie : « T'avais ben juste une mallette toi!» Bon certains diront que ce n'était pas là la meilleure réplique, mais c'est ce qui m'est venu.

Un mendiant, une non-voyante, un policier et un mec effronté...La morale de cette histoire : c'est pas parce qu'on est bien intégré en société qu'on sait vivre pour autant.


mercredi 4 novembre 2009

L'Escapade

J’ai eu la chance de parcourir plusieurs coins de la Planète. L’Europe, l’Amérique, l’Océanie sont des terres qui me sont aujourd’hui connues. N’empêche, j’ai toujours dit que nul n’a besoin
de se rendre bien loin pour voyager. Pourtant l’escapade est, pour plusieurs, un mode de survie…

Pour le musicien, le pincement des cordes, les vibrations et les mélodies qui en émanent forment le moyen de transport. Ceux qui l’écoutent sont ses compagnons de voyage. Certains sont fidèles, d’autres changent de direction, mais c’est toujours l’artiste qui maintient le cap…




Pour le coureur, l’évasion est simultanée à l’effort. La destination n’est guère un objectif, ce sont la distance et le temps qui lui donnent des ailes. Sont esprit s’envole à la même vitesse que l’eau quitte ses pores. Ce voyage n’est rarement facile, parfois même pénible, mais la satisfaction de l’atterrissage est une ligne d’arrivée qu’il ne peut oublier.






















Pour le photographe, l’image est son moyen de découverte. Derrière sa caméra, il observe le
monde d’un nouvel œil. Il choisit sa destination au même titre qu’il sélectionne sa lentille, ses objectifs, la lumière qu’il apporte. Le temps n’est pas une frontière, il aura toujours le pouvoir de revenir en arrière. Si les pellicules sont ses souvenirs, il en modifie les contrastes, les effets et les dimensions jusqu’à ce que son voyage corresponde exactement à ses attentes initiales.


Pour les amoureux, l’évasion relève de l’instant présent, lorsqu’ils éloignent les histoires passées, les préoccupations d’avenir et les chicanes passagères. C’est ainsi que le dôme douillet des couvertes de leur lit les enveloppe dans une toute autre planète, la leur, et que leur périple peut débuter.

Chacun trouve son issue, la porte qu’il a besoin pour partir. La mienne change de forme, de couleur, de grandeur. Fréquemment, son grincement rappelle les sons de mes artistes favoris. Parfois, elle s’ouvre aussi vite que celle du coureur. Plus souvent, elle est aussi éternelle que celle du photographe. Tantôt, d’une couleur qui tire sur le rouge. Aussi étrange et égoïste que cela puisse paraître, ces derniers temps, l’évasion ne m’est parue satisfaisante que lorsque cette porte s’ouvrait sur un miroir. En effet, car le voyage n’est plus pour moi une façon de m’évader, mais de me retrouver. Si l’Espagne m’a appris à m’écouter, mon issue se loge dans l’évitement d’une routine qui me fermerait les yeux sur le monde, mon monde…