
RELATION AMOUREUSE… Une histoire d’amour est d’abord une histoire. Il faut savoir la raconter. Le prélude, s’il existe, est souvent une rencontre anodine sans aucune couleur. L’autre était alors « no vacancy », il a dragué ta meilleure amie, il avait un bouton sur le nez que tu ne pouvais cesser de fixer ou pire, un débat politique vous a plaqué devant une incompatibilité en apparence inébranlable. Puis, pour une raison qu’on ne peut souvent nommer, les flammèches sont nées et ont mis la lumière dans tes yeux. La lueur transfère à ta tête en son absence et dans tes tripes en sa présence. Vous êtes devenus brulants de passion. Par la suite, la routine éteint tranquillement le feu pour en garder que la braise. Une chaleur réconfortante et douce qu’on peut entretenir pendant longtemps si on y fait attention. Sans quoi, le feu s’éteint. C’est alors que l’histoire prend fin. Ce qui me fait penser...
AMITIÉ… L’amitié aussi peut avoir une fin. Les souvenirs tristes, rancuniers ou nostalgiques proviennent des amitiés solides qui se sont fracassées, telles des verres qui ont apaisé notre soif, mais qui encore pleins, frappent le sol. Il y a aussi des amis de passage. Des gens qu’on rencontre qui deviennent rapidement significatifs sans trop savoir pourquoi. On partage un bref moment intense, sachant que les « au revoir » sont à notre poursuite. On en profite. Rien ne nous assure que nos chemins se croiseront à nouveau, mais leur souvenir nous apporte le sourire. Il y a par ailleurs les souvenirs vivants. Des amitiés qui ne se termineront jamais. Ceux-là se font rares. Des gens avec qui on partage une foi réciproque et instinctive, avec qui on n’a pas besoin de mot pour communiquer. Personnellement, j’en ai 3. L’un d’entre eux est décédé lorsque j’avais 15 ans et persiste à me faire la morale. Le second m’a hébergée la semaine dernière lorsque j’étais perdue. Le dernier vient de franchir ma porte, après avoir passé la veillée à jouer nos vieux airs à la guitare. Un amour qui perdure. Tout comme…

FAMILLE… Un lien indestructible : le sang. Les gens de notre famille émanent des mêmes racines, mais chaque feuille atteint différemment la lumière du soleil. Certaines sont hautes et vertes, alors que d’autres sont basses et sombres. Les branches qui nous unissent peuvent être frêles, vieilles, fortes, voire brûlées. Peu importe, elles demeurent influentes. Parfois, le vent fait tourner les choses. Si l’une d’entre elles cède, c’est l’arbre entier qui change de couleur. Les feuilles qui restent s’étirent autrement vers la lumière. Celles qui sont tombées ne redeviendront jamais la feuille d’autrefois. Elles persistent un temps et redonnent vie…
VIE… Si je pense à ma vie d’aujourd’hui, je pense à swing, rencontres, psychologie, enfants, adolescents, amies, famille, peinture, course à pied, yoga, cinéma, cuisine, naissance, voyage, écriture, vin, sushis, jasettes, lectures, musique, café. Toutes des activités qui me décrivent en partie, qui font ce que je reflète et que j’aime ce que je suis…
Ce soir, un samedi soir, je suis seule dans mon salon et je suis vivante. Je suis vivante, parce que je me respecte et fais ce que j’ai envie de faire. Puisque j’écoute « Across the universe » en pensant à mon grand-père, amateur des Beatles, et à mon père qui en a hérité. Je pense aussi à ma grande sœur avec qui j’avais l’habitude de danser sur « Twist and shout » et à ma plus petite avec qui j’ai écouté ce film pour la première fois. Je suis vivante parce que j’ai reconnecté avec mon meilleur ami, le temps d’un souper. Je suis aussi ravie à l’idée d’accueillir un ami de passage, rencontré en voyage, dans ma demeure demain. Une amitié que je ne pensais pouvoir renouveler. Je suis vivante, parce que je débute une nouvelle histoire…
Je suis vivante, parce que j’aime.
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