samedi 24 octobre 2009

Une histoire de courbes

...Je suis dans le métro de Montréal avec deux de mes copines et nous sommes éprises dans une conversation d’importance capitale au sujet du nouveau prétendant de l’une d’entre elles. À la station McGill, une fille entre et s’assoie sur le dernier siège libre, près de nous. Malgré mon grand intérêt à comprendre le contexte du premier baiser entre mon amie Jasmine et son Don Juan, mon regard se tourne vers la nouvelle venue. Objectivement, elle porte un manteau noir style canadienne, des bottes de cuir de la même couleur et un pantalon de ville. Elle me paraît grande, mais sa position assise me laisse douter. Elle a une allure soignée et dévoile une longue chevelure semi bouclée. Mes amies semblent remarquer ma curiosité envers la jeune femme et, intriguées, elles l’observent à leur tour. Une fois rendues à Berry, la fille quitte et nous aussi. En marchant, Karine pense à haute voix : « Wow, elle était vraiment belle, vraiment femme! On aurait dit la fille dans Sex and the city. » De son côté, Jasmine semble approuver d’un signe de tête, les yeux grands ouverts. Personnellement, le seul commentaire qui me vient en tête est : « Ouin, perchée sur ses talons de 4 mètres de haut et peinturée de son sourire de clown rouge digne des pubs de Covergirl, elle peut être la Barbie de tous les Kens de la planète, pour moi, elle garde la face de la voisine d’à côté.» Bon étant consciente de l’acidité de ma réflexion, ma réelle réponse, quoique censurée, m’a parue beaucoup plus adaptée : « Ben, moi je la trouve pas féminine.»Cette histoire peut paraître a priori banale, mais elle sous-tend tout de même un débat d’envergure. Qu’est-ce que la féminité?

Il est vrai que ma définition de la féminité ne cadre pas dans le portrait de la femme telle que présentée dans les médias. Pourtant, je ne peux dire qu’elle s’en écarte totalement non plus. Je crois seulement que, contrairement à la croyance populaire, il est impossible de concevoir la féminité en un portrait physique unique.


Ma sœur, par exemple, a 16 ans, l’air de 23. Elle est grande, de posture droite, et porte des courbes riches qu’elle sait mettre en valeurs.Elle a des yeux bruns noisette et des cils longs,ne nécessitant aucun mascara.Ses longs cheveux sont bouclés, soyeux d’un brun presque noir. Ma sœur a un petit nez rose et de belles dents droites. Lorsqu’elle rit, ses joues portent des fossettes qui soulignent un sourire mesquin. Elle a de grands pieds, un beau 10 bien chaussé. Elle aime parfois être coquette, se parfumer et passer de longues minutes avec ses eyeliners, mais ses boxers de pyjamas et ses camisoles trop grandes resteront à jamais sont «out fit» favori. Ma sœur, loin de ressembler aux filles qui font la une du Loulou, est pourtant d’une beauté naturelle inégalée. Elle est indiscutablement la figure la plus féminine de mon entourage.







En apparence, je suis très différente de ma sœur. J’ai 23 ans, l’air de 16. Je ne suis pas très grande, le dos vouté en position assise et en ce qui concerne les formes, mes petits seins ronds ne se méritent même pas un classement alphabétique. J’ai les yeux pairs, souvent verts ; un regard franc. Mes cheveux sont longs, droits et blonds, la plupart du temps coiffés en tresse le long de mon épaule. Mon nez est couvert de taches de rousseurs et mes petites dents sont espacées en avant, sans trop, me donnent un air coquin. J’avoue être fière de mes petits pieds qui me permettent de m’offrir de beaux souliers à petits prix, chez les enfants. Par ailleurs, j’admets moi aussi avoir mes jours de coquetterie. Malgré tout, mes leggings demeurent mon premier choix lorsque les circonstances le permettent. Décidément, il faut se mettre à l’évidence, physiquement, ma sœur et moi sommes des opposées.

Suis-je pour autant moins féminine? Je ne pense pas, puisque nous sommes aussi très semblables. On dit souvent de nous que nous avons des démarches assurées, un pas fort et bien dirigé. Nous aimons défendre nos idées et ce, peu importe le prix à payer. En gardant le souhait du bonheur des nôtres, nous avons toutes deux appris que notre bien-être est prioritaire et tributaire à l’aide que nous pouvons apporter à notre entourage. Je n’ai pas la prétention de penser que je peux plaire à tout le monde et elle non plus, mais nous aimons nous plier au jeu de la séduction, car nous sommes des filles de défis. Parfois, nos hormones nous en font voir de toutes les couleurs et vivre des montagnes russes émotives importantes. Nous rions pour rien, nous sommes bitches et aimons cela. Bref, des filles normales.

À bien y penser, mes idées deviennent claires. Je crois définitivement la féminité est en soi une attitude, une façon d’être dans le Monde et se perçoit dans une énergie, un regard ou dans une façon de se présenter. Je crois que chaque femme recèle une féminité unique qui se veut d’être dévoilée. Si ma sœur et moi dégageons une féminité assurante, exubérante et caractérielle, pour d’autres, elle peut se faire plus discrète ou tempérée. En d’autres termes, la féminité ne peut se compromettre au masque d’un moule formé par la société. L’important est qu’elle soit assumée et authentique, sans quoi elle ne devient que superficielle et nulle de sens. C'est une histoire de courbes, les courbes de la femme, de corps et d'esprit.


Mon discours est loin d’être féministe, mais identitaire. Si le féminisme avait pour but l’égalité des sexes en termes de pouvoirs et de liberté, je fais aujourd’hui la promotion de la beauté de nos divergences. En effet, car même si le sexe nous distingue des hommes, ce n’est pas ce qui fait de nous des femmes. Je suis femme de corps et d’esprit. Ma sensibilité est maternelle et ma force est dépourvue de virilité. Je suis également femme unique puisque j’en suis consciente. Je me distingue des autres par les courbes d’une féminité qui m’est propre. J’entends par courbes, les fluctuations dans ma façon d’exprimer cette féminité. Ainsi, je souhaite à toute femme de prendre conscience de sa richesse et d’arborer ses différences, car là est le pouvoir de séduction. Les hommes seront éblouis par votre confiance et les femmes par votre conscience. Après tout, sincèrement, j’ose espérer qu’un jour, je trouverai le Ken qui me pensera Barbie, même avec mes jours de leggings et mon caractère de truck.

De toutes les couleurs...


6 octobre, 3e journée de stage à l'école Primaire...Putain que j'ai pas envie de me lever. C'est à l'idée réconfortante d'un bon allongé chaud que je m'accroche. La couleur café dont j'avais besoin pour commencer ma journée...Hop, dans la douche....

...Assise dans le métro, je regarde les gens...C'est fou comment la gente change en même temps qu’on transfert de ligne de métro. On laisse les jeans bleus des filles d'Hochelaga sur la verte. À la station de l’UQAM on voit des travailleurs noirs et blancs pressés par le boulot, des étudiants American-Apparel et Village-des-Valeurs pressés par leurs travaux. Peu importe, pour tout le monde, c'est la course à la montre. Ensuite on se dirige vers la orange : le désert en matinée. Je me concentre sur les lettres asphaltées de mon journal. Lorsque je transfert à la ligne bleue, j'assiste à une magie de couleur. Les différentes ethnies se rassemblent tous dans les mêmes wagons. Je viens de changer de pays?...


...À la porte de l'école, c'est un brigadier qui m'accueille. Ce genre de monsieur qui pour sa retraite, à défaut de s'enfermer dans son 3e demie décide de rendre un service social et de s'entourer matin et soir d'enfants pour assurer leur sécurité. Toujours souriant, avec son dossard jaune fluo qui donne mal aux yeux, il est fidèle au poste. Je le salue et entre dans l'école...

...Les heures passent si vite. Les enfants attachants comme jamais. Les diverses pigmentations de leur visage symbolisent le bagage culturel qu'ils transportent : l'histoire de leur pays, de leurs parents. Les nuances de ces teintes dévoilent leur tempérament. Certains sont plus rosés, ce qui dénote une timidité. D'autres sont blancs comme neige, sans avoir déjeuné, ils attendent impatiemment le berlingot de lait qui leur permettra d'être attentif, du moins jusqu'à l'heure du diner. De la couleur de leur discours, on entend des mots, des phonèmes, des accents des quatre coins du monde, Certaines dont je ne peux retracer les origines. Décidément, ces enfants sont tel un arc-en-ciel, des couleurs si distinctes, mais qui pourtant arrivent à s'harmoniser pour offrir une richesse parfaite...

...Dans une classe de troubles graves d'apprentissage, les élèves se questionnent sur ma propre couleur. Qui est-elle la grande? Qu'est-ce qu'elle fait ici? Ce n'est pas aisé d'être authentique lorsqu'on porte les couleurs de notre rôle. Comment pouvais-je être transparente et leur divulguer mes nuances tout en arborant le masque conservateur du déguisement de l'étudiante responsable. Je me sens un peu imposteur, mais j'ajuste ma tonalité. C'est finalement en m'accordant à leur palette, en parlant d'autres langues moi aussi, que j'ai pu m'ouvrir et répondre à leur curiosité. Du mieux que je peux certes, mais je souhaite tout de même garder quelques zones sombres à leurs yeux, par pudeur ou gêne. Un enfant lève la main : pourquoi tu es si mince? Malheureusement, il y a des gris qu'on ne peut teindre. Ayant perdu l'envie de me camoufler, je deviens translucide : je suis mince tout comme je suis blonde et que j'ai les yeux verts, je lui réponds avec franchise. Elle semble apprécier ma réponse et moi aussi. Après tout, ce sont mes contrastes qui sont le pinceau de mon identité...

... Lorsque je rencontre une maman, c'est de noir que se couvre mon bureau. La mère est débordée, l'indigo des tracas forment un raz-de-marée, l'inondent et la noient. Elle est épuisée. Cependant, le rouge de son cœur se fait rassurant. L'écarlate nous démontre tout l'amour qu'elle éprouve pour ses enfants. Mes idées deviennent vertes, la couleur de l'espoir. Tout est maintenant possible... ...Je reviens chez moi. Je refais à l'envers chacune des lignes de métro, la bleue, la orange, la verte. Je quitte l'écharpe d'iris du milieu multiculturel pour retourner au bleu denim de mon quartier. Mais ce soir, je vois la vie en rose. Après en avoir vu de toutes les couleurs, j'ai compris l'importance de la diversité des couleurs pour arriver à une peinture qui porte sens...

Et après...

...Et après...

...Me voici rendue à Montréal, dans la grande métropole...À nouveau étudiante. Une vie un peu moins trépidante, mais pas moins captivante. Je garde toujours les yeux ouverts, préserve mon coeur d'enfant et poursuis mon élan....

Un autre Monde

...Autant ce peut être intéressant de rencontrer l'inconnu, autant ce peut être réconfortant de retrouver une partie de son chez soi et encore plus captivant de visiter l'étranger avec une vielle connaissance. Après des retrouvailles enchanteresse autour d'une bonne platée de tapas dans un barrio typiquement espagnol de Ronda, une nouvelle aventure débutait dans les rues de Grenada et de Malagà partagée avec mon bon ami Gabriel...


...Fidèle à sa réputation, Grenada porte bien son titre de ville hippie de L'Espagne. Loges dans le quartier Marocain de la grande ville, nous avons ainsi côtoyé les rues valonneuses, les sandales de cuire, les boutiques d'artisanat, les odeurs d'ansent et de chica et des gens qui préfèrent...disons...vivre simplement. À mon avis, le quartier le plus charmant de la ville de par son histoire, et ce, malgré la pauvreté qu'y l'habite malheureusement...

...Derrière la grande ville, au sommet d'une colline, niche Alhambra, le trésor de Grenada. Il est dur de s'imaginer que ce palais islamique aujourd'hui visité par des milliers de personnes à tous les jours était, il n'y a que 20 ans, près de la ruine. Après un levé plus que matinal, une petite ascension pour la santé, plusieurs minutes d'attente, une autre filée, encore quelques minutes de patience, et d'autres pas, nous avons finalement pu contempler la splendeur d'Alhambra. C'est étrange, une centaine de gens y entre au même moment, mais subjugués par ses murs anciens, son histoire, ses mystères, tous restent silencieux. Dans un calme paisible, on n'entend que le bruit des pas et les murmurent qui décrivent les couleurs éclatantes de la céramique qui tapisse les murs, le soucis du détail des hauts plafonds, la vue plongeante sur la ville, les jardins florissants et j'en passe. Des milliers de questions me viennent en tête : qui y habitait, pourquoi ces lions sur les fontaine, pourquoi les jardins sont si mis en valeur? Haaaaaaaa! J'aurais dont dû lire davantage avant d'y arriver. Tant pis, j'aurais tout mon temps après pour comprendre, pour l'instant, je savoure l'atmosphère de l'endroit et la magie des paysages. Mais quel spectacle! Heureusement, Gabriel est à mes cotes pour compléter les images qui défilent dans ma tète...

Les yeux grands ouverts


...Voyager c’est aussi apprendre...A partir du moment ou l’avion décolle, on s’embarque dans une aventure inconnue. On peut tenter de s’imaginer qui on va rencontrer, où l’on va aller, mais rien est semblable à nos pensées. Quand on goûte à la culture du pays pour la première fois, notre imagination est confrontée à la réalité et c’est ce qui fait la magie du voyage. Sans le vouloir, on compare inévitablement le nouveau avec notre chez soi; point de repèrenécessaire pour pouvoir partager notre expérience avec ceux qui nous sont chers, en gardant les yeux grands ouverts....

.....Je goûte de plus en plus à la culture Espagnole et j’apprécie énormément ce que j’ydécouvre et les valeurs qui y sont véhiculées. Ici, les gens prennent le temps. Ils prennent le temps de discuter avec les leurs, prennent le temps de s'assoir pour manger, prennent le temps de rire, prennent le temps de marcher dans les rues et respirer le grand air, prennent le temps de répondre aux touristes et prennent le temps de vérifier s’ils ont véritablement compris, sinon, ils prennent le temps de les mener à bon port...Les Espagnols sont aussi des gens très sociaux. Pour eux, la famille est primordiale. L’heure du diner (3h) est un moment partage avec les siens autour de la table avant la siesta. Pour les gens de Ronda, le repas le plus important de la journée. La noche (soirée et nuit pour nous) est consacrée aux amis. Les enfants courent partout, les ados sont assis en cercle dans les parcs et jasent, les plus vieux sont dans les bars et dégustent des tapas autour d'une bonne bière ou d’un Tinto de verrano (vin rouge, citron et tonic) et les personnes âgées sont assis dans les bancs de parcs et jasent entre elles, elles aussi jusqu’a l’heure du matin. Bref, la noche est un moment ou la gente du village est rassemblée dans les rues, sans discrimination...


....Le plus merveilleux, c’est qu’en voyageant, on n’entre pas seulement en contact avec les gens du pays qu’on rencontre. On s’entoure également de gens d'ailleurs, des touristes qui, comme nous, sont en quête de nouveauté. Lorsqu'on est chez soi, on sait qu'il existe autre chose ailleurs, que la nourriture est différente, que les lois changent, et que les croyances et les traditions sont autres, mais impossible d'y croire avant d'y être confrontée. Ma première prise de conscience fut lorsqu'après avoir tente de faire une blague plate au sujet du Père Noël, la Suisse avec qui je discutais me demande ; «Pero quien es Santa Claus?» Wow, tout le monde connait le Père Noël! Mais non, les suisse croient davantage en homme un vêtu dune robe rouge vivant dans les bois et qui aide d'un petit nègre, donne des oranges aux enfants le 25 décembre...Et je vous épargne le noël espagnol…




... Je reviens à l'instant d'une fin de semaine à Sevilla. Une ville a l'architecture magistrale où j'ai pu assister à mon premier spectacle de flamenco. Grandiose! La musique débute lorsque le guitariste laisse danser ses doigts sur les cordes de son instrument. Des airs mélodieux et doux se font entendre. Ensuite, les clappements de mains s'ajoutent et imposent un rythme de plus en plus rapide. Quand le chanteur s'exécute, des sons de gorge dérangent initialement la foule qui s'habitue tranquillement et qui comprend la richesse que sa voix apporte à l'ensemble. Au même moment, les danseuses se mettent en place. Vêtues de leurs robes a froufrous colorées, elles continuent de taper des mains pour préserver le contact avec la musique. Elles se regardent, les yeux dans les yeux, d'une intensité qu'on associe souvent au tango, mais sans romance ni courtoisie, seulement d'un esprit compétitif. Leurs bras se soulèvent tranquillement, dessinant des petits ronds de leurs poignets. Leurs pieds frappent sur le sol avec puissance, un bruit qui surprend. La musique s'accélère et devient de plus en plus forte. Les dames tournent sur elles-mêmes, se croisent, les bras dans les airs. La musique continue de s'amplifier et de s'accélérer jusqu'à ce que les cordes de la guitare vibrent comme jamais. Le chanteur s’époumone, le sol tremble par les pas lourds des danseuses qui virevoltent si rapidement qu'on se demande comment elles font pour garder l'équilibre. La mélodie est si intense! Et puis, d'un seul coup, un seul son franc, lourd, puissant et sec qui réunît les cordes, les clappements de mains et les souliers a talons, le concert se termine et laisse la foule simplement hypnotisée. Seuls les froufrous colores des robes des danseuses demeurent étourdis. Quel spectacle!


...Le temps s'écoule si rapidement. J'ai déjà laissé filé la moitie du voyage derrière moi. Mais je préfère penser qu'il me reste la moitie de la route à découvrir. Je garde les yeux grands ouverts...

vendredi 23 octobre 2009

L'Alchimiste

Voyager, c'est accumuler les premières fois. Premiers pas dans une ville, première rencontre, première odeur...Si jamais on y revient, c'est toujours une première fois. Les gens ont changé, se sont déplacés, la lumière est différente et nous aussi. Depuis le début de mon voyage, je ne cesse de découvrir. Je pourrais aisément m’enfoncer dans une routine d’étudiant, manger, étudier, dormir, mais mes yeux sont grands ouverts, tels ceux d’un enfant.

En fin de semaine, c’est Gibraltar qui m’a d'abord surprise. Au pied d’une ville encombrée de commerce a bas prix et de consommateurs de duty free, s’élève un pic immense qui offre un panorama magnifique sur la cote espagnole et la cote africaine qui ne sont séparées que par 12 minimes km. Les singes qui habitent la montagne sont bien heureux de voir les touristes suffisamment naïfs pour croire qu’ils vont pouvoir prendre des cliches gratuitement : ca mérite un lunch quand même! La sensation de pratiquement chevaucher 2 continents est vraiment étrange. Sensation unique que je ne retrouverai probablement jamais, une première fois encore éphémère.






Je me suis encore laissée charmée par les plages de Tarifa. Moi qui 4 ans auparavant lisais les pages de l’Alchimiste pour la 100 fois, mais pour la première fois sur les cotes Australiennes, je me retrouvais au début de l’histoire et au beau milieu de la mienne. Le spectacle est magnifique. Une plage qui s'étend sur des km de long. Le jour, ses vents puissants offrent des vagues parfaites pour les surfeurs qui s’en font une joie. Les familles, tout comme les touristes y trouvent leur compte. Un château, des éoliennes et un phare anciens bornent la cote qui elle aussi dessine les traces du Maroc. Vers les 9h, les plages se désertent et il n’y reste plus que des amoureux en quête de romantisme. La descente du soleil ma parue éternelle : une 2e première fois...





Mes compagnes et moi nous sommes éloignées de la ville pour étendre nos sacs de couchage sur la plage. La légende raconte que la première fois qu'on y dort, notre rêve se réalise. Apres quelques fous rires, le silence se fait entendre et on observe le ciel étoilé, activité que j'ai fait la majorité de la nuit. Je n’ai pas rêvé, mais a quoi faire : j’étais déjà entrain de vivre un rêve...






Je m'appelle Marie ... comme Monde

J’ai 23 ans et je suis comme tout le monde. J’aime siroter longuement mon café le matin, regarder le monde à son insu dans le reflet de la vitre de l’autobus et me perdre dans des rues inconnues accompagnée de mon appareil photo. Je n’aime pas les talons hauts, le CheezWhiz et le monde qui jette un coup d’œil à sa montre chaque fois qu’il en a l’occasion.

Je vie dans le même Monde que tout le monde, mais je suis une voyageuse. En fait, je reviens de voyage. Vous savez, l’un de ces moments d’évasion qui nous permettent d’aller loin vers soi. Cette fois-ci c’était l’Espagne. Plus souvent c’est le café du coin, mais l’important dans ces moments-là, c’est seulement que je m’y rende…

Maintenant, je suis revenue. Revenue avec des idées, des projets, des questions… C’est toujours ce qui se passe en fait. Pendant que mes bagages rentrent à bon port, mon âme se loge dans ma tête et mon corps reste dans ce Monde. La plupart du temps, je prends alors un bout de papier et je note. Je griffonne ce qui défile entre mes deux oreilles. Ça donne ce que ça donne. C’est mon Monde, le Monde de Marie…

Aujourd’hui, j’ai envie de le partager. J’ai envie de vous prêter mes lunettes pour que vous puissiez à votre tour voir le Monde, le monde et mon Monde tels que je les vois, simplement. Ma vision n’est pas parfaite. L’idée n’est pas d’être réaliste, ni poétique, ou revendicatrice. Non, même si je n’ai pas froid aux yeux,je me considère davantage comme réactive. Je vois, j’admire, je perçois, je distingue, je contemple, je découvre…

Maintenant, à vous de voir...