samedi 24 octobre 2009

Les yeux grands ouverts


...Voyager c’est aussi apprendre...A partir du moment ou l’avion décolle, on s’embarque dans une aventure inconnue. On peut tenter de s’imaginer qui on va rencontrer, où l’on va aller, mais rien est semblable à nos pensées. Quand on goûte à la culture du pays pour la première fois, notre imagination est confrontée à la réalité et c’est ce qui fait la magie du voyage. Sans le vouloir, on compare inévitablement le nouveau avec notre chez soi; point de repèrenécessaire pour pouvoir partager notre expérience avec ceux qui nous sont chers, en gardant les yeux grands ouverts....

.....Je goûte de plus en plus à la culture Espagnole et j’apprécie énormément ce que j’ydécouvre et les valeurs qui y sont véhiculées. Ici, les gens prennent le temps. Ils prennent le temps de discuter avec les leurs, prennent le temps de s'assoir pour manger, prennent le temps de rire, prennent le temps de marcher dans les rues et respirer le grand air, prennent le temps de répondre aux touristes et prennent le temps de vérifier s’ils ont véritablement compris, sinon, ils prennent le temps de les mener à bon port...Les Espagnols sont aussi des gens très sociaux. Pour eux, la famille est primordiale. L’heure du diner (3h) est un moment partage avec les siens autour de la table avant la siesta. Pour les gens de Ronda, le repas le plus important de la journée. La noche (soirée et nuit pour nous) est consacrée aux amis. Les enfants courent partout, les ados sont assis en cercle dans les parcs et jasent, les plus vieux sont dans les bars et dégustent des tapas autour d'une bonne bière ou d’un Tinto de verrano (vin rouge, citron et tonic) et les personnes âgées sont assis dans les bancs de parcs et jasent entre elles, elles aussi jusqu’a l’heure du matin. Bref, la noche est un moment ou la gente du village est rassemblée dans les rues, sans discrimination...


....Le plus merveilleux, c’est qu’en voyageant, on n’entre pas seulement en contact avec les gens du pays qu’on rencontre. On s’entoure également de gens d'ailleurs, des touristes qui, comme nous, sont en quête de nouveauté. Lorsqu'on est chez soi, on sait qu'il existe autre chose ailleurs, que la nourriture est différente, que les lois changent, et que les croyances et les traditions sont autres, mais impossible d'y croire avant d'y être confrontée. Ma première prise de conscience fut lorsqu'après avoir tente de faire une blague plate au sujet du Père Noël, la Suisse avec qui je discutais me demande ; «Pero quien es Santa Claus?» Wow, tout le monde connait le Père Noël! Mais non, les suisse croient davantage en homme un vêtu dune robe rouge vivant dans les bois et qui aide d'un petit nègre, donne des oranges aux enfants le 25 décembre...Et je vous épargne le noël espagnol…




... Je reviens à l'instant d'une fin de semaine à Sevilla. Une ville a l'architecture magistrale où j'ai pu assister à mon premier spectacle de flamenco. Grandiose! La musique débute lorsque le guitariste laisse danser ses doigts sur les cordes de son instrument. Des airs mélodieux et doux se font entendre. Ensuite, les clappements de mains s'ajoutent et imposent un rythme de plus en plus rapide. Quand le chanteur s'exécute, des sons de gorge dérangent initialement la foule qui s'habitue tranquillement et qui comprend la richesse que sa voix apporte à l'ensemble. Au même moment, les danseuses se mettent en place. Vêtues de leurs robes a froufrous colorées, elles continuent de taper des mains pour préserver le contact avec la musique. Elles se regardent, les yeux dans les yeux, d'une intensité qu'on associe souvent au tango, mais sans romance ni courtoisie, seulement d'un esprit compétitif. Leurs bras se soulèvent tranquillement, dessinant des petits ronds de leurs poignets. Leurs pieds frappent sur le sol avec puissance, un bruit qui surprend. La musique s'accélère et devient de plus en plus forte. Les dames tournent sur elles-mêmes, se croisent, les bras dans les airs. La musique continue de s'amplifier et de s'accélérer jusqu'à ce que les cordes de la guitare vibrent comme jamais. Le chanteur s’époumone, le sol tremble par les pas lourds des danseuses qui virevoltent si rapidement qu'on se demande comment elles font pour garder l'équilibre. La mélodie est si intense! Et puis, d'un seul coup, un seul son franc, lourd, puissant et sec qui réunît les cordes, les clappements de mains et les souliers a talons, le concert se termine et laisse la foule simplement hypnotisée. Seuls les froufrous colores des robes des danseuses demeurent étourdis. Quel spectacle!


...Le temps s'écoule si rapidement. J'ai déjà laissé filé la moitie du voyage derrière moi. Mais je préfère penser qu'il me reste la moitie de la route à découvrir. Je garde les yeux grands ouverts...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire